--Bonjour, ou bonsoir si vous préférez déambuler à la nuit tombée. -Je m'appelle Kitsune, et je vous souhaite la bienvenue. -Passionnée depuis toujours par tout ce qui touche la création, l'imagination et l'écriture, j'ai décidé de partager une petite part de mon univers avec vous .-Êtes-vous tombé ici par hasard ? Peu importe me direz-vous. Mais maintenant que vous êtes là, profiter en pour découvrir mes petites textes ... et pourquoi pas un futur lieu d'évasion pour vous ...

--Bonjour, ou bonsoir si vous préférez déambuler à la nuit tombée.  -Je m'appelle Kitsune, et je vous souhaite la bienvenue. -Passionnée depuis toujours par tout ce qui touche la création, l'imagination et l'écriture, j'ai décidé de partager une petite part de mon univers avec vous .-Êtes-vous tombé ici par hasard ? Peu importe me direz-vous. Mais maintenant que vous êtes là, profiter en pour découvrir mes petites textes ... et pourquoi pas un futur lieu d'évasion pour vous ...

Les mots couchés entre ces pages sont et resteront ma propriété exclusive.

La copie et l'utilisation partielles ou totales de mon travail sont interdites.
Conformément aux articles L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle.

Concernant la pub, n'y pensez pas !
Je les ignorerai sans aucun scrupule... Je ne laisserai aucune trace de vos ignominies...
alors si vous ne venez que pour vous faire connaitre, passer votre chemin.


Et à tous ceux que l'imagination et les mots touchent : je vous souhaite un beau voyage...



Kitsune

# Posté le lundi 25 mai 2009 09:16

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 08:31

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# Posté le mardi 14 juillet 2009 19:18

Prologue

19 juin 1767

Bois de la Ténazeyre, près de Desges - Auvergne





_____Mes yeux s'ouvrirent lentement sur la majesté des arbres du mont Mouchet.
Lovée sur un tapis de mousse épargné par les pluies de la veille, j'attendais, immobile, que les chiens du marquis d'Apcher s'éloignassent. Toute la matinée, leurs aboiements rauques et langoureux n'avaient cessé de retentir dans toute la foret et, durant tout ce temps, je n'avais pas bougé. Les doigts noueux et tordus d'un bouleau glanduleux emmêlé dans ma chevelure m'affligeaient de terribles tiraillements ; et pourtant, je ne bronchais pas.

_____Maintenant que j'étais seule, je pouvais réellement réfléchir sur les évènements de la nuit dernière. Tout s'était passé si vite. La pauvre jeune fille qui avait croisé notre chemin ne reposerait jamais en paie. Sa dépouille avait été très vite découverte. La gorge en sang, éventrée, les viscères éparpillés sur les dalles de marbre blanc de la paroisse de Desges, nous avions laissé son corps inerte, sans aucun remord. _____Disparaissant plus vite que notre ombre, j'avais cependant entendu les paroles éplorées d'une femme. Jeanne Bastide, dix-neuf ans, venue prier le jour précédant son mariage : telle fut notre victime.
Tandis que nous prenions la fuite, des hommes armés de mousquets tirèrent dans notre direction. Mais les faveurs de la nuit nous furent bienveillantes et, en quittant le petit village de Lesbinières, je promis à mon compagnon de me cacher jusqu'au matin, et de ne pas me montrer tant qu'il ne serait pas revenu.

_____A présent, quatre heures sonnaient dans le lointain et la quiétude des lieux était enfin revenue.
Esquissant un mouvement lent et appliqué, je dénouai enfin les torrents de chevelure brune qui s'écoulait entre les branches. Je fixai mes grands yeux bleues sur un carrefour de chemins que l'on appelait par ici la « sogne » d'Auvers. Et enfin mon aimé apparu !
Me redressant, je fis le tour du grand chêne pour le rejoindre.

_____Un coup de tempête ! Détonation soudaine comme venue de nulle part, elle avait précédé le cours furtif d'un sifflement trop bien connu.
_____Mon compagnon s'écroula. Ses yeux intenses fixé sur moi, je restais, paralysée, à le regarder gémir sur le sol. Puis soudain les aboiements reprirent. De l'autre bout du sentier, la meute hurlante de greffiers se jeta sur lui, ne lui laissant, pour autre répit, que la souffrance et le trépas.

_____Son cadavre emporté, je me retrouvai de nouveau seule...
_____Nous n'étions pas des saints... mais des meurtriers. Notre sauvagerie avait été incontrôlable, je dirais même dévastatrice.

_____Et portant je me souviendrais toujours de ce que nous vécûmes, dans les territoires effrayants du Gévaudan.



Prologue

# Posté le mardi 14 juillet 2009 19:24

chapitre 1

19 juin 1764

Langogne - Gévaudan





_____En cette fin d'après midi, le ciel bas et lourd s'effondrait sur les plaines vallonnées du Gévaudan. La semaine avait été des plus étouffantes et la pluie ne tarderait pas à s'abattre sur toutes ces étendues émeraude que je connaissais par c½ur depuis bientôt vingt ans.

_____Benjamine de la famille Levains, je répondais au prénom improbable de Hermine. Mes parents étaient propriétaires d'une modeste ferme près du village de Langogne et d'un magnifique cheptel de brebis. Après la traite du matin, je devais mener ces dames blanches flanquées de larges oreilles sur les collines. Mais avec la chaleur d'aujourd'hui, je ne pus résister au doux appel de la rêvasserie et, au premier grondement lointain du tonnerre, l'obscurité s'étirait déjà au-dessus de moi.

_____Je devais faire vite ! Les bêtes s'affolaient facilement sous l'orage et, à l'apparition des éclairs, elles deviendraient probablement ingérables. Je ramassai un bâton, sifflait énergiquement mon petit berger fauve aux poils hirsutes et en moins de temps qu'il n'en fallut, nous redescendions dans la vallée.
_____Nous arrivions presque sur le sentier du petit bois planté non loin dans la maison familiale. Mais la tempête nous rattrapa et, comme je l'avais prédis, les moutons se dispersèrent et disparurent entre les tronc massifs des arbres. Les aboiements de mon chien avalé dans l'immensité sylvestre, je me retrouvai seule.
_____Une pluie torrentiel, épais rideau bruyant s'avançant dans les caprices du vent, s'écrasa sur moi. Déstabilisée, je trébuchai sur une imposante racine. Ma tête heurta violemment le sol. Un flou indescriptible m'enveloppa. Puis des martellements répétitifs résonnèrent sur le chemin.

_____Me redressant péniblement, je discernai la silhouette incertaine de deux cavaliers. A en juger par la finesse de son visage, le premier était une femme. Mais je ne m'attardai pas sur d'avantages de détails, car, comme envoûtée, je fixai son compagnon dont les grands yeux jaunes semblaient luire dans l'ombre de son tricorne. Ils commençaient à ralentir, quand des bêlements poussés par de vifs aboiements retentirent dans notre direction. Les étrangers passèrent en posant un dernier regard furtif sur moi, et disparurent entre les arbres. Guidé par mon fidèle petit berger, mes animaux arrivèrent presque simultanément. Trempée, une douleur lancinante derrière la tête, je repris la route vers la ferme.

_____Quand je me réveillai le lendemain, mon père m'apprit, qu'en passant la porte de la bergerie, je m'étais évanouie. Je ne me rappelai plus des événements de la veille, que se fusse la chute ou le retour sur la plaine.
_____Cependant, une étrange pensée me hantait l'esprit : celui de hennissements déchirants étouffés par les ténèbres de la tempête.
chapitre 1

# Posté le mercredi 15 juillet 2009 09:10

Modifié le lundi 10 août 2009 15:33

chapitre 2

24 juin 1764

Langogne - Gévaudan





_____Depuis maintenant une semaine, des faits étranges bousculaient la petite vie tranquille des habitants de Langogne.
_____Tout commença le lendemain de l'orage, par la découverte sanglante d'un couple de chevaux égorgés et éventrés dans un sentier reculé de la forêt. Pour le vieux Paul, les pauvres bêtes avaient dut échapper à leurs cavaliers. En effet, la selle et la bride des animaux avaient été retrouvés sur leur cadavre, mais jusqu'à aujourd'hui, personne n'avait fait mention de leur disparition.
_____Les jours suivant furent signés par un même mystère. Les grandes oies des Bardidier furent toutes dévorées, les Aubracs de la famille Montopic furent retrouvées éviscérées dans l'étable et je ne compta pas le nombre d'ânes, de chèvres et de baudets qui disparurent.

_____Mon père ne voulait pas nous inquiéter mais il ne pouvait pas arrêter les rumeurs du village au porte de notre ferme. Et quand nos parents étaient couchés, mes s½urs et moi ne pouvions nous empêcher de discuter sous les couvertures.
_____Marie-Anne, dont les boucles auburn débordait de son bonnet de nuit, avait entendu que certains paysans avaient vu des silhouettes roder autours des habitations et qu'on soupçonnait donc des loups enragés d'être les auteurs de ses événements. Pourtant, il semblait totalement inconcevable qu'ils puissent entrer dans des granges censées être fermées. Quant à Caroline, elle voyait tout cela comme une punissions divine.
_____Moi, je restais muette car je ne savais pas quoi penser, mais j'étais persuadée que les inconnues que j'avais rencontrés ne devaient pas être étrangers à tout cela. Mais aucune rumeur sur l'arrivée de tels personnages dans le villages ne fut colportée.
_____Étais-je la seule à les avoir vu ? Avaient-ils pu être les fruits de mon imagination ?
_____J'étais pourtant certaine de ne pas avoir inventé ce regard jaune intense qui me captivait encore.
_____- Hermine ? Tu ne dis rien. On dirais que quelque chose te tracasse.
_____La douce voix de Caroline me sortie de ma rêverie.
_____- Non, ne t'inquiète pas. Je me demandais juste s'il était possible que des hommes puissent faire ça.
_____Mes deux s½urs me dévisagèrent avec curiosité. Marie-Anne déposa un petit baiser sur ma joue et souffla la flamme de la bougie. Pas un mot, sinon de petits gloussements amusés. Elles crurent que j'avais voulu faire de l'humour pour apaiser les craintes que nous nourrissions de nos dires. Elle ne me prenait jamais au sérieux.


_____Au petit matin, le fils Pluvier frappa à la porte de notre maison. Entièrement trempé à cause de la bruine, il se présenta en sautillant d'excitation. Mon père attrapa le jeune homme par les épaules et l'invita à s'asseoir quelques instants près du feu. Perchée avec mes s½urs au sommet de l'escalier, j'écoutais attentivement ce qui pouvait l'amener chez nous à cette heure :
_____- Alors mon garçon, que viens-tu faire chez nous si tôt ?
_____- Monsieur, depuis plusieurs heures je parcours la toute la campagne environnante de Langogne pour apporter de bonnes nouvelles. Cette nuit, mon oncle a abattu une énorme louve qui attaquait ses vaches. C'était une belle bête qui pesait bien cent soixante-dix livres, et très probablement celle qui causait tous ses ennuis dans la région.

_____Un sourire serein et rassuré émergea sur le visage de mon père. Il serra affectueusement la main du jeune homme et le raccompagna jusqu'au pas de la porte. Puis il enlaça ma mère, et nous demanda joyeusement de descendre les rejoindre. Et tandis que le fils Pluvier disparaissait, toujours bondissant, dans le grisaille humide du Gévaudan, une crainte encore inconnue grandissait à l'intérieur de moi.


chapitre 2
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# Posté le lundi 10 août 2009 15:40